Jean-Jacques Perrut

Écrivain et Biologiste


Faut-il réhabiliter Alexis Carrel ?

C’est une question que peuvent se poser les privilégiés qui ont pu connaitre l’un des prochains ouvrages que Jean-Jacques PERRUT propose à l’édition.

On sait que le Docteur Jean-Jacques PERRUT a coutume de dire tout haut ce que certains pensent tout bas et n’a pas hésité a s’attaquer – de manière constructive- à la grande idole qu’est Louis PASTEUR en publiant en 2007 « Faut-il déboulonner la statue de Pasteur ? ».

Avec son franc-parler, Jean-Jacques PERRUT rappelle des éléments de la vie d’Alexis CARREL. Né en 1873 dans la banlieue lyonnaise, il est étudiant en médecine quand Sadi CARNOT est assassiné le 24 juin 1894 et agonise dans les salons de la préfecture, aucun médecin n’étant capable de juguler l’hémorragie de la veine porte lésée par le poignard de CASERIO. Fréquentant les brodeuses lyonnaises, Alexis CARREL apprendra à suturer les veines et réalisera les premières anastomoses vasculaires. Médecin brillant, il échouera par deux fois le concours du chirurgicat non par insuffisance, mais au contraire parce qu’il faisait de l’ombre à ses maîtres et n’avait aucun soutien au sein de la faculté. Son témoignage lors d’un miracle auquel il assiste par hasard à Lourdes lui redonnera la foi chrétienne qu’il avait abandonné et lui vaudra la moquerie de ses collègues. Pis, ses patrons lui reprochent de reconnaître l’irrationnel et lui bloquent ouvertement toute perspective de carrière.

Toute sa vie, il aura à combattre – ce qui semble familier au docteur Jean-Jacques PERRUT- : « l’incompétence de ses collègues, voire de ses supérieurs, l’intolérance d’hommes bornés, enfermés dans des doctrines scientistes et athées, la bêtise d’un plus grand nombre, la jalousie, la méchanceté et la haine de certains bien accrochés à leurs privilèges ».

Rejeté à Lyon, CARREL s’exhile aux Etats-Unis et dès 1905 une nouvelle voie s’ouvre à lui à l’institut Rockefeller, l’organisme de recherche médicale et biologique le plus moderne du monde. Ce seront les premières greffes de tissus, les premières transplantations d’organes, les premières cultures tissulaires. En 1912, à 39 ans, il est Prix Nobel de Médecine sans avoir postulé. Le premier conflit mondial l’occupera à un poste subalterne et inventera avec Dakin la fameuse liqueur de Dakin qui sauvera de nombreuses vies. Puis il affinera les cultures cellulaires, met au point le premier cœur artificiel et ouvrira la voie des futures greffes cardiaques.

Il revient en 1941 en France pour partager les malheurs de son pays. Sans complaisance particulière avec le régime de Vichy, il est nommé responsable de la « fondation nationale pour l’étude des problèmes humains » précurseur de l’INED (institut national d’études démographiques). Il y sera à l’origine de la médecine du travail, du livret scolaire, des examens prénuptiaux et du dit certificat. A la libération de Paris, il est dénoncé par certains comme collaborateur ce qui s’est avéré infondé et inexact et décédera le 5 novembre 1944.

Jean-Jacques PERRUT rappelle que dans les années 1960-1970, le nom d’Alexis Carrel fut donné à des rues, des places, voire à une des facultés de Lyon. Tous vantent CARREL, telle la ville de Paris en 1976 témoignant « son estime et sa gratitude au précurseur… mais aussi à l’homme d’une qualité morale exceptionnelle ». François MITTERAND louera en 1992 « l’un des esprits les plus clairvoyants ».

Mais un amalgame sera fait, précise Jean-Jacques PERRUT. Il suffira que le front national cite et loue Alexis CARREL comme le grand homme que l’on connait pour qu’on associe le chercheur au FN ! Sur quelle base accuse-t-on CARREL ? Sur ses écrits. « L’homme cet inconnu » fut publié en anglais en 1936 puis traduit en vingt langues différentes et constamment réédité. Il s’en vendra des millions d’exemplaires dont un ou deux millions en France. Personne n’y a trouvé à redire, même si aujourd’hui on n’en partage pas forcément tous les propos. Il faut attendre plus de 50 ans, des millions de lecteurs plus tard pour oser prétendre qu’un paragraphe sur l’euthanasie fasse de CARREL un eugéniste ! Est- ce à dire, ajoute PERRUT, que tous ceux qui ont lu CARREL sans le dénoncer sont au mieux des imbéciles, au pire des complices, des pervers ou des nazis ? Il faut garder le contexte de ses écrits, il prônait un eugénisme volontaire et positif ; mais que fait-on aujourd’hui quotidiennement en proposant un avortement thérapeutique aux femmes dont le fœtus est porteur du gène de la trisomie 21 alors que la fondation Jérôme LEJEUNE et d’autres apportent la preuve que des trisomiques peuvent vivre harmonieusement ?

En s’appuyant, précise Jean-Jacques PERRUT, sur une mauvaise interprétation des textes, sur des citations tronquées, voire sur des mensonges, on a imputé au savant un eugénisme et des opinions qui n’étaient pas les siennes. La faculté de Lyon sera débaptisée, comme seront débaptisées de nombreuses voies de France.

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